dimanche 13 novembre 2011

last day ndjamena




La concession

Pour le dernier jour du festival, le programme est bien rempli, réservant quelques surprises, certaines plus agréables que d autres.
Dès le matin, petits soucis de transport, avec Lila, nous prenons un taxi pour rejoindre l’IFT ou nous animons conjointement la dernière session d’ateliers. Les stagiaires ont de retard, cela ne gâche pas le plaisir de partager ce moment créatif.
Toujours pas de transport, le chauffeur de taxi ne connaît pas l’hôtel Santana, je me repère aux panneaux de propagande pour lui indiquer le chemin, prendre le goudron lisse, tourner à gauche. Près la boutique Venus des îles, le bâtiment rose du Santana se profile, face aux terrains vagues environnants.
Le temps passe vite, le repas a peine termine qu il est déjà l’heure de se préparer pour la performance dans une concession familialeon prend du retard : l’hotel vient d’etre requisitionne par l’etat. Faire sa valise en urgence, laisser les bagages à la réception, s’entasser dans la petite voiture rouge.
Nous traversons des quartiers très pauvres pour rejoindre la concession, contournant les ronds-points ou l’armée, la police sont encore très présents. Les manifs ont fait quelques morts à ce qu il paraît.
Nous sommes accueillis dans la cour en terre battue.Quelques nattes de plastique, deux trois chaises, un banc sont prévus pour le public.des femmes, des enfants entrent et sortent, on se salue.
Nous attendons l’arrive de l’ambassadeur de France pour commencer l’improvisation. Petit a petit le lieu se remplit, un mélange d’officiels, d’artistes et des gens du quartier.
L’improvisation est forte, baignée de la lumière douce du coucher de soleil. Chacun donne son maximum, les enfants partent en courant quand je m’approche de leur périmètre.
Nous terminons couverts de poussière rouge, après les discours et palabres pour rejoindre l’hôtel Santana. L’ambassadeur nous offre un verre, un repas. Discute avec les artistes. Les photographes du groupe invisibles borders ont rejoint le team, l’échange est généreux. On oublie dans ces moments de rencontres que nous n’avons pas eu l’occasion de prendre une douche…Tard dans la soirée, le minibus de l’hôtel nous conduit au fond d’un quartier populaire vers une annexe vétuste, nous a t on dit de l’hôtel.
Le mot est faible. Pas d’électricité, sanitaires insalubres. Bref, y a mieux pour une dernière nuit.
Chacun s’accommode comme il peut de la situation et c est parti pour une virée nocturne dans une des boîtes locales.c est plutôt une grande salle de bal à l’ancienne, piste carrelée, bordée de sable ou l’orchestre joue de la musique zaïroise, on s’installe sur de bancs, pieds dans le sable et le spectacle commence. Que d’élégance, hommes et femmes rivalisent de couleurs, les chaussures sont parfois hallucinantes.les codes de la danse sont inscrits dans le fonctionnement. le chanteur entame une mélodie, suivie par l’orchestre et la piste se remplit , progressivement, puis se vide totalement à la fin de la chanson.
Ça picole de la bière ou du sucre colore. Je ne me lasse pas d’observer les va et vient sur la piste de danse.
Le minibus a disparu, retour a la voiture rouge et aux navettes parce qu on ne peut pas rentrer a 10 dedans.
Je fais partie des derniers, tiens si on mangeait un poisson grille avant de dormir ? nous voici en bord de route, assis sur des caisses de bière vide à manger dans un grand plat rond un poisson délicieux.
Retour a l’annexe, il vaut mieux être épuise, ça évite de voir la crasse des sanitaires, les draps douteux…
Au réveil, on voit mieux l’étendue des dégâts.
Je marche un peu dans le quartier à tenter de rejoindre l’hôtel Santana pour le petit dej et la connexion. Je suis perdue et tout le monde commente mon passage, après un tourne vire dans le coin, j’opte pour un clando, la moto taxi qui surfe entre les ordures et la poussière.
Santana devient si luxueux subitement…
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